Nous prenons plaisir quand cela nous est possible à répondre à vos questions.
Concernant son fils et son utilisation intensive des écrans, Claudine nous demande :

j’ai un souci avec mon fils de 15 ans qui est accro aux jeux vidéo sur son ordinateur et son smartphone, au point qu’il ne travaille pas suffisamment au lycée. Avez vous des pistes pour le motiver? l’aider à décrocher un peu de son addiction?

Et bien Claudine, par chance, l’institut Médiamétrie vient de publier (24/11/2015) une étude sur le sujet du comportement des 15-24 ans (grands ados) avec les écrans et leur utilisation. La première de choses que je vous conseille, c’est bien évidemment de la lire.

Sur la base de cette étude, on constate que l’addiction aux écrans est un comportement très commun à l’ensemble de nos chers futurs adultes. Quel que soit l’écran et son utilisation, il s’agit bien d’une utilisation quasi permanente.
Mais j’en reviens à votre questionnement, que nombre de parents se posent et nous posent. Car si cette étude éclaire notre point de vue en dédramatisant cette utilisation « acharnée », oui c’est une nouvelle génération, et ce sont de nouveaux usages qui se créent, n’en reste pas moins que la société des adultes n’y est pas préparée.

Le lien

Connaissez-vous cet archétype de la jeune ado qui passe sont au téléphone pour parler avec ses copines des heures durant? Quand j’étais ado, c’était quelque chose d’entendu. Et bien nos jeunes d’aujourd’hui ne monopolisent plus la ligne téléphonique! Ils sont passé à autre chose. Beaucoup de moyen de communiquer passent maintenant par les écrans. Cela permets de communiquer de façon désynchronisée (on a le temps de faire autre chose puis de revenir dans la conversation, on peut échanger des images, communiquer à plusieurs en même temps…).
Quand aux jeux vidéos, ils sont aussi un centre d’intérêt partagé. Quand les ados se voient, ils en parlent, comparent leur exploits, racontent leur fou rire devant un glitch (souvent un défaut du jeu tel que personnage qui bug dans un mouvement frénétique, ou véhicule capable de traverser un mur sans dommage), partagent des astuces ou font la promo de la nouvelle édition de leur jeu préféré. Une autre tendance des jeux vidéos tends vers le jeu multijoueur massif. Entendez par là, la possibilité de jouer dans un univers ou des dizaines/centaines d’autres joueurs autour de la planète jouent ensemble en équipe. Une nouvelle culture se fait jour.

Les jeux vidéo, bien ou pas bien?

En dehors de l’aspect accaparant, de nombreuses études, dont cette étude de septembre 2014 démontre l’influence très positive sur le développement de l’insula et les volumes d’interconnexion synaptique. Cela a pour effet de favoriser une meilleure aptitude sensorimotrice et de l’attention. Pour les francophones, Science et vie a rédigé un article en début d’année à ce sujet

Par la suite, une nouvelle étude confirme ces résultats mais alerte sur le risque lié à l’intégrité hypothalamique entrainant un risque accru de troubles neurologiques.

Alors oui, bien, mais avec modération… Comme tout quoi…

Donc, les écrans, finalement c’est pas si mal…
Reste que c’est addictif.

L’addiction

Addiction aux jeux vidéosDéfinition du mot Addiction :

L’addiction est un asservissement d’un sujet à une substance ou une activité dont il a contracté l’habitude par un usage plus ou moins répété. (…)L’addiction à une activité est probablement liée à une libération d’endorphines dans la circulation sanguine en rapport avec le plaisir procuré par cette activité, et on peut généralement la différencier du comportement obsessionnel compulsif.

(merci doctissimo)

Le plaisir

Oui, on ne le voit pas immédiatement, mais Mickey prends du plaisir. Notre joueur lors de ces séances de longue haleine plonge dans un univers familier, parfaitement contrôlé par lui. Le bonheur de la toute puissance, d’aventures extraordinaires, de situations irréelles, crée dans le cerveau de notre gamer un flot continue d’hormones du plaisir, de la récompense. Comment réussir à s’arrêter? D’ailleurs, pourquoi s’arrêter?

Les limites, Le cadre

Vous décrivez votre inquiétude concernant la place que prends cette activité en regard des impératifs qu’impose une scolarité au lycée. Avez vous pu l’en informer? Elle est bizarre cette question!
L’essentiel quand vous avez un problème est de pouvoir l’exprimer. Et je parle bien d’exprimer VOTRE problème, car votre ado à priori est satisfait de la situation. Restez bien centré sur votre problème et sur l’inquiétude que vous ressentez face à ce comportement. Vous voulez le bien pour votre enfant et il doit pouvoir en prendre conscience. Inutile dès lors d’user de la culpabilisation, du chantage, de l’intimidation. Ce serait contre productif.

Le développement de cortex suivant l'âgeVous aurez à l’accompagner dans l’acquisition d’un comportement qui permette une utilisation juste et raisonnable de ces divertissements. S’agissant de raisonnable, je rappelle que le cerveau de l’ado n’est pas vraiment élaboré pour saisir le concept de Raison et encore moins pour l’appliquer surtout quand beaucoup d’émotions fortes sont à gérer!

L’autre point à ne pas oublier, c’est que c’est vous en tant que parent qui êtes garant du cadre. Il est faux de croire qu’un ado aime que ses parents le laisse faire ce qu’il veut. L’ado a aussi besoin qu’on lui fixe en cadre clair pour qu’il se sache en sécurité dans ce périmètre. Comme nous le voyons en atelier, un cadre à 4 côtés :

  • Interdits : Ce que la loi ou autre autorité tierce impose (culture, religion, règlement) telle que par exemple pas de Facebook pour les moins de 13 ans, si si vérifiez le conditions d’utilisation de Facebook.
  • Non négociable : C’est vous qui fixez ces règles. Elle ne supposent pas l’agrément de votre ado car vous avez la légitimité de lui imposer et lui apprendre ces limites. Par exemple : Passé 21h la veille des cours, plus d’écran.
  • Négociable : Vous et votre ado fixez ensemble ces règles. Vous posez chacun vos besoins et cherchez le consensus. Avec l’âge de votre ado ou sa maturité, des règles non négociables peuvent devenir négociables. Par exemple : 1h d’écran par jour, le smartphone reste à l’entrée ou n’est possible que dans le salon…
  • Libre : Vous n’avez pas à intervenir sur tous les aspects de la vie de votre ados. Vous lâchez prise, il gagne en autonomie, c’est le moment de lui faire pleine confiance.

Les règles ne sont pas immuables, elles peuvent être discutées, arrangées (sauf les interdits). Elles doivent être régulièrement évaluées pour s’assurer de leur justesse. N’hésitez pas à vous imposer quelques règles également. Difficile en effet pour votre ado de comprendre qu’on lui reproche une utilisation massive du smartphone si ses parents lisent leur emails ou SMS à table… S’appliquer à soi les règles fixées avec votre ado peut aussi permettre de mieux les évaluer.

Le manque, l’ennui

L'ennui chez l'ado - image LaVie.frNous l’avons abordé plus haut, notre cerveau se gave d’hormones du plaisir, alors inévitablement, si on tari la source d’approvisionnement, ça risque de râler à la maison.
Si vous êtes là, proposez lui des activités. Elle peuvent être très clairement ludiques (jeux de société), ou utiles. L’essentiel, surtout dans les premiers temps sera de générer du plaisir dans le cerveau de notre ado. Proposez de préparer ensemble un bon chocolat chaud que vous savourerez ensemble, faites ensemble son plat préféré (et la vaisselle qui suit). Prenez le temps de le désintoxiquer. Il est essentiel de ne pas créer de manque trop grand, comme pour toute addiction. Alors certes, dans les premiers temps, il ne sera pas plus à son travail scolaire si vous faites un chocolat chaud, mais vous pourrez peut être discuter du travail qu’il a à faire et proposer votre aide si besoin.

Vous n’êtes pas seule! Il a probablement des amis moins addict avec qui il aime discuter. Profitez de ces relations plus « naturelles » et permettez lui de plus les fréquenter. Invitez les pour un repas, un pique nique. Les smartphones seront là aussi bien sûr mais pas forcément omniprésents.

Conclusion

Le temps passé par nos ados sur les écrans est un sujet qui concerne une grande majorité de parents. Ce sont de nouveaux usages, que nous devons comprendre et accompagner, même si ils sont nouveaux (voir étranger). Ils sont la norme de demain et plutôt que les combattre, nous devons suivre le mouvement et y apporter notre sagesse. Nous devons aussi apprendre à faire confiance aux nouvelles générations pour s’autogérer.

C’est un article extrêmement incomplet, le sujet est si vaste et chaque ado si particulier. Amis lecteurs, n’hésitez pas à compléter cet article par vos commentaires. Dites nous les stratégies que vous mettez en place et si vous avez connu des succès.

Belle journée

François

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